Rencontres SoLaRe
SoLaRe (Sociétés, Laïcités, Religions) est un laboratoire doctoral fondé par et pour les doctorant·es du programme interdisciplinaire ReligiS. Il propose un cadre complémentaire aux offres existantes pour renouveler les approches méthodologiques, favoriser l'interdisciplinarité et internationaliser les travaux doctoraux sur le fait religieux. Ses activités s'organisent en trois axes : la production, la transmission et la circulation du religieux ; l'expérience vécue du religieux, entre intimité et dimension collective ; les pouvoirs, l'institutionnalisation et l'administration du fait religieux. Il invite à ancrer les réflexions contemporaines dans leur historicité et à privilégier des approches non occidentalo-centrées.
Les recontres SoLaRe
Les Rencontres SoLaRe du 13 octobre réunissent jeunes chercheuses et chercheurs pour une journée d'échanges autour de ces trois axes :
- Corps, gestes et présences : le rituel « par le bas », à partir des pratiques et de l'expérience vécue ;
- Liberté de conscience : un éclairage juridique et un échange avec le public, en introduction aux journées d'études des 22 et 23 octobre à l'ENS Lyon ;
- Circulations du religieux : mobilités, emprunts et recompositions, au-delà des logiques de diffusion ou de transfert.
La journée s'achèvera par le vernissage de l'exposition portée par l'axe 2, intitulée « Le terrain religieux, un terrain comme un autre ? Matérialités, postures, défiances et confiances », en salle Europe de la MISHA.
Doctorant·es, chercheuses, chercheurs et toute personne intéressée par l'étude du fait religieux sont chaleureusement invité·es. Contact : religis-solare@unistra.fr
Programme de la journée
8h30 – 9h00 : Accueil des participants
9h00 – 9h30 : Ouverture officielle et mot de bienvenue.
9h30 – 11h00 : Panel Axe 2 : Corps, gestes et présences
Le fait religieux ne se laisse pas réduire à ses dimensions institutionnelles ou doctrinales : il se donne aussi à voir dans des corps qui prient, qui jeûnent, qui dansent, qui entrent en transe, qui procèdent, qui s'assemblent. C'est précisément ce registre de l'expérience vécue, individuelle et collective, intime et mise en scène, que ce panel entend explorer, en croisant les regards de l'anthropologie, de la sociologie et de l'histoire.
À travers des études de cas ancrées dans des terrains et des temporalités variés, les interventions interrogeront les manières dont le rituel façonne le corps autant qu'il en est façonné. Comment les pratiques rituelles mobilisent-elles les sens, les affects et la mémoire corporelle ? Quels rapports s'établissent entre geste codifié et vécu subjectif ? Dans quelle mesure la danse, la transe ou l'extase constituent-elles des modes d'accès au sacré à part entière, irréductibles aux seules catégories doctrinales ? Comment la ritualité articule-t-elle l'appartenance au collectif et la singularité de l'expérience croyante, voire de l'altération de soi ?
Ce panel cherche à contribuer au renouvellement des approches du fait religieux par le bas, à partir des pratiques et des corps plutôt que des textes et des institutions, tout en veillant à inscrire ces phénomènes dans leur historicité et à dépasser les seuls contextes occidentaux.
Intervenants :
Camille Guibert (IMAF, EPHE) – Entrer dans la danse et en sortir : procédure de mise en transe et préparations rituelles dans le vodun béninois
Léa Kipfer (REIGENN, Sorbonne université) – Habiter la douleur en devenant Noaidi : corps et vocation chamanique chez les Sames
Nans Mousset (Centre Gilles Gaston Granger, amU) – L’éternel retour comme mystique naturelle ?
11h30 – 12h45 : Axe 3 - Pouvoirs, institutionnalisation et administration du fait religieux : réflexions autour de la liberté de conscience
I. Introduction aux journées d’études “Pouvoirs, institutionnalisation et administration du fait religieux” des 22 et 23 octobre à l’ENS Lyon - Priscilla Bucher (AmU), Andrea Leonardi (ENA Lyon), Mathilde Dravet (EPHE-ULB)
15 minutes
Associée à la liberté de pensée et à la liberté de religion, la liberté de conscience est inscrite au croisement de l’intériorité individuelle et de l’extériorité du monde social et politique. Elle renvoie simultanément à la possibilité de choisir ses convictions (religieuses, philosophiques et politiques) en dehors de toute pression externe et à celle de les exprimer ou de les rendre publiques sans risque de persécution. Si l’invocation récurrente de cette notion dans le débat public et sa présence dans les textes juridiques et constitutionnels de nombreux pays peuvent lui donner un caractère d’évidence, l’étude de son histoire en souligne au contraire l’émergence tardive, historiquement et géographiquement située, et il découle souvent de la discipline depuis laquelle elle est étudiée de nombreux présupposés. En outre, son universalité entre en tension avec la réalité plurielle de ses applications ; d’un espace à l’autre, d’un positionnement à l’autre, son articulation avec les autres libertés comme les limitations qui lui sont opposées varient et incident sur sa définition. Ainsi la liberté de conscience peut-elle être abordée à partir de perspectives méthodologiques et disciplinaires très diverses.
Dans un contexte contemporain marqué par la résurgence des illibéralismes et d’une forme de « scepticisme démocratique » (Lacroix et Pranchère, 2016), la liberté de conscience continue d’être au cœur de polémiques nationales et internationales, il nous semble dès lors nécessaire de proposer, à travers ces journées d’études, un temps de réflexion commun autour de cette notion, de son histoire et de ses usages contemporains. Ces journées d’études, adressées prioritairement aux jeunes chercheuses et chercheurs, aspirent à proposer un espace de dialogue interdisciplinaire visant un triple décloisonnement des travaux scientifiques autour de la liberté de conscience : un décloisonnement méthodologique, en permettant la comparaison et la confrontation des outils fournis par les différentes disciplines des sciences humaines et sociales ; un décloisonnement chronologique, en refusant de séparer études du monde contemporain et études historiques, afin d'interroger et d’ancrer les notions et les catégories communes qu'elles mobilisent ; et enfin un décloisonnement géographique, pour interroger la traditionnelle lecture occidentalo-centrique du concept en ouvrant l’analyse à d’autres espaces d’étude.
II. La liberté de pensée, de conscience et de religion - Vincent Genin (EPHE), d’après sa contribution à l’ouvrage Code de la laïcité et du fait religieux (2025)
40 minutes
En amont de l’ouverture de ces journées, il nous a semblé pertinent de vous proposer un avant-propos des réflexions qui pourront s’y réaliser en invitant Vincent Genin, historien, auteur de plusieurs ouvrages et contributions d’ouvrages sur la laïcité mobilisant une pluralité d’approches - épistémologique, historique, juridique, etc.
À cet égard, il contribue récemment au Code de la laïcité et du fait religieux, ouvrage co-dirigé par Bernard Beignier, Mathilde Philip et Anne-Laure Youhnovski Sagon, qui réunit une pluralité de textes de droit relatifs à la laïcité pour les soumettre au commentaire doctrinal d’une trentaine de chercheurs. La première partie de l’ouvrage s’intéresse aux composantes de la laïcité ; Vincent Genin y commente ainsi plusieurs extraits portant sur la liberté de conscience, à l’instar de l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme.
L’ambition de cet ouvrage, mettre en résonance un ensemble de sources juridiques trop souvent éclatées pour clarifier la position du droit sur des notions fondamentales du droit de la laïcité, révélant la tension entre ce qui peut sembler évident et une réalité d’application et d’interprétations bien plus complexe, rejoint celle qui nous pousse à proposer ces journées d’études sur la liberté de conscience. Ainsi, ce premier éclairage nous permettra de poser autant les fondements juridiques que les enjeux à partir desquels pourront se déployer les réflexions des 22 et 23 octobre suivants.
III. Échange avec le public - modération Priscilla Bucher (AmU), Andrea Leonardi (ENS Lyon), Mathilde Dravet (EPHE-ULB)
20 minutes
Intervenants:
Vincent Genin (EPHE) - La laïcité, objet de sciences sociales en France des années 1950 à nos jours (HDR)
Priscilla Bucher (AmU) - Religion, pouvoir et autorité: Catherine Parr et Marie de Guise face à la Réforme
Andrea Leonardi (ENS Lyon) - Le spiritualisme de Victor Cousin et ses réceptions républicaines et laïques dans la France du XIXe siècle
Mathilde Dravet (EPHE - ULB) - La laïcité française à l’épreuve des conceptions laïques défendues par la droite et l’extrême droite depuis 2002
14h30 – 16h30 : Panel Axe 1 :
Intervenants:
Ellie Douska (Université Lyon 3 - LARHRA) - Mobilités missionnaires, circulations symboliques et recompositions du catholicisme contemporain à travers le cas du Prado.
Emmanuel Falguières (EHESS)
Aryan Rahimian (Université de Lorraine)
Emma Giraud-Legrand (Aix-Marseille Université)
Julien Argoud (Sciences Po)
17h00 – 18h45 : Mot d’ouverture du vernissage de l’exposition de l’axe 2 “Le terrain religieux, un terrain comme un autre ? Matérialités, postures, défiances et confiances” (cocktail) — exposition en salle Europe, cocktail dans le hall de la MISHA

![[Translate to English:]](/websites/_processed_/0/4/csm_signature-unistra_9b5f16fc46.png)
![[Translate to English:]](/websites/_processed_/8/4/csm_logo-uha_827246ff15.png)
![[Translate to English:]](/websites/_processed_/0/e/csm_logo-cnrs_791a922340.png)
![[Translate to English:]](/websites/_processed_/1/1/csm_logo-rnmsh_3dacb03b13.png)