L’un des premiers défis du projet a été de comprendre l’organisation des nombreux acteurs qui participaient à la surveillance. Déjà cités plus haut, il y a le Muséum d’histoire naturelle et le SMCB. On trouve aussi l’ORSTOM, l’Office de la recherche scientifique d’outre-mer, que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).
Au sein du CEP, il y avait également le SMSR, le service mixte de sécurité radiologique, responsable de la prévision et de la surveillance des retombées atmosphériques et de la protection du personnel du CEP et des populations. Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), qui existe toujours, faisait partie intégrante de ces services, comme du CEP dans son ensemble, tout en dirigeant un laboratoire distinct, le LESE.
Succédant à la Direction des centres d’expérimentations nucléaires, qui dépendait du Ministère des armées et dirigeait le CEP, le Département de Suivi des Centres d’Expérimentations Nucléaires (DSCEN) conserve les archives du SMSR et du SMCB.
Derrière ces sigles et acronymes ont existé des directives, des prélèvements, des laboratoires, des analyses et de nombreux rapports, mais aussi des histoires humaines et scientifiques. C’est tout cela que s’est appliqué à explorer CHLORE, à travers une approche fortement interdisciplinaire.
« C’est un des côtés sympas, enthousiasmants et stimulants de l’histoire environnementale : nous sommes poussés presque obligatoirement à l’interdisciplinarité. Comme nous travaillons sur des objets environnementaux « naturels », physiques, nous sommes obligés de nous acculturer et d’en apprendre plus sur le fonctionnement des écosystèmes, avec de l’hydrologie, de la physique, de la chimie… », explique Benjamin Furst.