L'idéalisme allemand : newtonien, anti-newtonien, post-newtonien ?

Grandes Conférences des Archives Henri Poincaré

4 février 2026
17h 19h

L'idéalisme allemand : newtonien, anti-newtonien, post-newtonien ?

Résumé :
D’un point de vue rétrospectif, on peut dire qu’une large partie de la philosophie au dix-huitième siècle s’est construite comme une réponse, tantôt enthousiaste et tantôt critique, aux théories de Newton et à leur diffusion dans toute l’Europe. La question semble alors de savoir comment la philosophie de cette époque a réagi et s’est adaptée à des théories scientifiques nouvelles. Mais cette manière de voir les choses risque d’être trompeuse : non seulement parce que Newton était bel et bien philosophe (en un sens du mot qui n’est pas seulement le sens très large qu’il avait à l’époque des Lumières), mais aussi parce que la philosophie ne se concevait pas encore dans le cadre d’une opposition aux sciences positives.
L’idéalisme allemand (entendu en un sens large qui inclut Kant) constitue un exemple frappant de ces difficultés, tant du point de vue de l’histoire de la philosophie que de celui de l’histoire des sciences. Il s’agira dans cette conférence d’exposer le rapport complexe des idéalistes allemands à Newton et de présenter une hypothèse pour mieux cerner le rapport des idéalistes à Newton : ces philosophes ne sont pas tant des newtoniens (contrairement à ce que l’on a dit de Kant à une certaine époque) ou des anti-newtoniens (contrairement à ce que l’on a souvent dit de Hegel et de Schelling), que des post-newtoniens. Ceci nous conduira à réfléchir au sens de cette catégorie de post-newtonien.

Raphaël Authier (Université de Strasbourg, Centre de recherches en philosophie allemande et contemporaine (CRePhAC))