Colloque "Pourquoi traduire ? La traduction et ses enjeux de l'Antiquité gréco-romaine à l'âge classique"

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Colloque
14 16 November 2022
Salle de conférence - MISHA

Pourquoi traduire ? La réponse paraît simple : pour faciliter l’accès de certains textes à des lecteurs qui ne maîtriseraient pas la langue originelle dans laquelle ils ont été écrits. La traduction contribue ainsi traditionnellement à la diffusion d’une documentation ou d'un savoir ; elle intervient également dans l'éducation, comme outil permettant l'apprentissage d'une langue étrangère, voire le perfectionnement d'un style.
Cependant traduire, de l’Antiquité jusqu’à l’âge classique, c’est aussi et peut-être surtout adapter : les écarts existant entre le modèle et la « traduction » peuvent parfois être révélateurs d’objectifs idéologiques, de nature religieuse (par exemple l’adaptation latine de la Guerre des Juifs attribuée au Pseudo-Hégésippe qui propose une interprétation pro-chrétienne de la Guerre des Juifs de Flavius Josèphe) et/ou politique : la traduction des langues antiques dans l'Europe de la première modernité assume un rôle qui est autant de transmission que de promotion des langues vernaculaires. À l’inverse, on peut se demander dans quel cadre et comment a pu se manifester une exigence de littéralité (traduction des textes sacrés juifs et chrétiens, par exemple). Enfin, la question « Pourquoi traduire ? » appelle celle du (des) public(s) visé(s) : national ou étranger, acquis ou devant être convaincu, scolaire, populaire ou savant, « mondain », etc.

Ce sont ces finalités que le colloque se propose d’étudier, dans diverses aires temporelles : l’Antiquité gréco-romaine, l’époque byzantine, les siècles classiques. Des finalités assignées à la traduction découlent ses pratiques : s’agit-il d’accommoder une réalité étrangère ou de préserver une altérité ? On peut par exemple s’interroger sur la façon dont sont traduits en latin les concepts de la philosophie hellénistique, ou encore sur les choix des traducteurs dans l’Europe de la première modernité pour rendre compte des réalités politiques, institutionnelles et militaires de l’Antiquité gréco-latine.

Contacts organisateurs :
F. Chapot (chapot@unistra.fr)
B. Guion (beatrice.guion@unistra.fr)
A. Molinier Arbo (aarbo@unistra.fr)
J. L. Vix (jlvix@unistra.fr)


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