Doctorats et masters soutenus ou en cours à l’Université de Strasbourg

Thèses et masters soutenus ou en cours à l’Université de Strasbourg

Cette page a pour objectif de rassembler et valoriser les travaux de masters soutenus ainsi que les thèses (soutenues ou en cours) des étudiantes et des étudiants de l’Université de Strasbourg portant sur des thématiques relevant des études de genre ou croisant ces questionnements, dans différentes disciplines. 

Cette page permet de faire connaître les jeunes chercheuses et chercheurs engagé·es dans ces travaux et de faciliter leur identification au sein de la communauté scientifique. L’objectif est aussi de favoriser les échanges et les collaborations, notamment en permettant de prendre connaissance des nombreux types de sujets et d’identifier de potentiels directrices et directeurs de mémoire ou de thèse travaillant sur ces thématiques.

Enfin, cette page contribue à rendre visible l’interdisciplinarité qui caractérise les études de genre (sciences humaines et sociales, arts, lettres, droit, etc.), ainsi que la richesse et la variété des travaux menés à l’Université de Strasbourg.

Les formulaires ci-dessous sont mis à disposition afin des étudiant·e·s et jeunes chercheur·e·s pour signaler leur mémoire ou leur thèse, et contribuer à l’enrichissement de cet espace dédié à la jeune recherche.

 

 

Thèses référencées

Thèse de Carmen Damour, sous la direction de Sandra Boehringer
Laboratoire ArcHiMèdE (UMR 7044) - École doctorale Sciences humaines et sociales - Perspectives européennes (ED 519)

Résumé : Des citoyennes qui mettent leur mari sur la sellette concernant les décisions de l’Ekklesia, des esclaves féminins et masculins insolents, des dramaturges travestis ou harcelant de jeunes hommes : la comédie ancienne athénienne du Ve s. avant notre ère regorge d’actes dont l’historicité peut être réévaluée grâce aux avancées de l’histoire sociale et du genre. Les personnages sont caractérisés par des métiers (tanneurs, chauffeurs des bains, boulangère, aubergiste, marchande sur l’agora), une parenté (royale, modeste, libre), l’exercice d’un mandat ou archè (commissaire, agoranome, prêtresse) ; ils incarnent des pratiques sociales (s’exprimer en public, se défendre face à une agression, porter plainte, organiser un mariage, etc.) en jouant sur des normes tacites (tempérance, discrétion, respect du corps d’un autre citoyen) dans des lieux précis (agora, acropole, maisonnée). La confrontation de la comédie ancienne avec d’autres sources (épigraphiques, archéologiques et iconographiques) montre par ailleurs que ces rôles fictionnels correspondent à des figures et pratiques attestées. Les idéaux et les normes sociales qu’ils renseignent éclairent en retour ces sources matérielles. 

Si l’historicité de la plupart des activités menées par les personnages de citoyens est bien comprise, ce que leur jeu scénique montre de la violence sexuelle et du changement de genre reste peu étudié. L’étude de la mise en scène des citoyennes permet de réévaluer le réalisme de leurs prises de parole publiques, chantées ou dialoguées (lorsqu’elles demandent un bilan des décisions prises dans les assemblées, se défendent face à un citoyen, l’attaquent ou assument une stratégie propre). Il est par ailleurs essentiel de comparer plus systématiquement la représentation des esclaves féminins et masculins – avec leurs stratégies d’évitement et d’insolence – pour déterminer la façon dont le genre s’articule à la servilité. Un travail sur le très riche vocabulaire corporel comique offrira enfin des connaissances précises sur la structuration classique de la différence des sexes, et l’importance relative du critère du sexe, de l’âge, de l’autochtonie et de la liberté. À la lumière de l’apport méthodologique récent de l’histoire sociale et du genre, c’est la « société comique », dans sa complexité et avec l’ensemble de ses stratifications, qu’il s’agit de mieux comprendre.

Situation :

  • inscription le : 03/10/2025
  • thèse en cours : 1ère année

Date de la notice : 17 mars 2026

Thèse d'Aimée-Luce Ponza, sous la direction de Philippe Clermont et co-encadrée par Anne-Claire Marpeau
Laboratoire Configurations Littéraires (UR 1337) - École Doctorale des Humanités (ED520)

Résumé

Ma thèse, intitulée « Le continuum des violences faites aux adolescent·es, du harcèlement en milieu scolaire à l’inceste : que peut la fiction ? Lecture éthique et effets d’un corpus de littérature générale et de jeunesse », s’intéresse aux représentations littéraires contemporaines des violences physiques, psychologiques et sexuelles subies par les mineurs. Grâce aux apports de la sociologie, et de la sociologie du genre, et par le biais d’une critique éthique, cette thèse entend répondre aux problématiques suivantes : comment parler des violences, les mettre en scène, en particulier dans des romans s’adressant à un jeune lectorat ? Que peut-on montrer de ces violences ? Quelles limites éthiques peut-on ou doit-on respecter dans l’écriture (en termes de points de vue, de vocabulaire), notamment dans le but de prendre en compte les différentes sensibilités des lecteur·ices, qui sont ou ont peut-être été victimes de violences ? Au-delà, il s’agit de comprendre dans quelle mesure la lecture de romans sur des sujets sensibles peut avoir un impact sur un jeune lectorat, quelles réponses émotionnelles émergent de ces lectures, et si la littérature peut être utilisée comme matériau pédagogique et de prévention des violences, grâce à deux enquêtes auprès de collégien·nes de 4e et 3e, menées avec l’appui du rectorat de l’Académie de Strasbourg. La méthodologie de ces enquêtes est agrémentée par le Comité d’Éthique de la Recherche de l’Unistra.

Situation :

  • inscription le septembre 2024
  • Thèse en cours, 2e année

Date de la notice : 13/05/2026

Mémoires de Master référencés

Mémoire d'Aviva RODITI, sous la direction de Sandra Boehringer
Master Interdisciplinaire des Mondes Anciens - Faculté des sciences historiques 

Résumé 

La question des violences n’a émergé que récemment dans le champ des recherches académiques relatives à l’histoire ancienne. Ce mémoire poursuit cet axe d’étude et propose une réflexion autour des mentions de violences à caractère sexuel apparaissant dans les discours des orateurs attiques ayant vécu et pratiqué au vet ivsiècle avant notre ère dans la cité d’Athènes. L’étude de cette forme particulière de violence au prisme du genre permet de mettre au jour un système de normes et de valeurs propre à la cité athénienne et invite à établir un lien avec notre époque actuelle.

C’est au sein du panel des discours civils et judiciaires — à l’inverse des procès politiques — qu’il est plus aisé de relever et d’analyser des actes et des motifs de violence. Parce que ces procès sont des exercices de rhétorique qui relèvent aussi de la performance, il a été nécessaire de prendre en compte la pratique discursive particulièrement révélatrice du système de pensée de l’époque étudiée. L’alliance du commentaire historique, des outils de l’étude du genre et de l’analyse performative des discours a permis de soulever les interrogations suivantes : comment les violences sexuelles sont-elles présentées par les auteurs et à quelles fins ? L’identité de sexe des auteurs et des victimes joue-t-elle un rôle dans le traitement de ces violences ? Quelles sont, par conséquent, les personnes considérées comme les plus vulnérables et dignes d’être protégées ?

Une première analyse des sources a permis une mise en lumière des utilisations politiques, économiques, juridiques et idéologiques des violences sexuelles. La question des châtiments laisse apercevoir notamment des inégalités non pas liées au sexe des individus, mais à leur statut. Ainsi, du point de vue athénien, les corps physiques ou symboliques des hommes citoyens sont les plus dignes d’être protégés puisqu’ils contribuent à la pérennité de leur situation sociale. Ils cherchent avant tout à défendre leur maisonnée — de façon concrète le lieu géographique et de façon abstraite les personnes sous leur tutelle, c’est-à-dire leurs épouses, leurs enfants et dans une certaine mesure leurs esclaves —, leur avenir, leur réputation et par conséquent leur honneur. Les femmes, citoyennes, métèques ou esclaves, apparaissent a priori comme des corps intermédiaires sur lesquels certaines violences sont exercées afin d’atteindre un adversaire. Néanmoins, la présence même de ces femmes au sein des discours, démontre une capacité d’agir et une certaine liberté de mouvement qui contribue à effacer le mythe du gynécée. De même, l’étude des contextes extérieurs dans lesquels apparaissent ces violences dénote d’une différence dans le traitement des violences et propose constamment de nouvelles normes de vulnérabilité.

Résumé issu du site “Genre & Histoire”, Candidats aux prix Mnémosyne 2019 : https://journals.openedition.org/genrehistoire/5358#tocto2n3

soutenu le 17 juin 2019
Date de la notice : 13 mars 2026

Mémoire de Carmen Damour, sous la direction de Sandra Boehringer

Master interdisciplinaire des Mondes de l’Antiquité (MIMA) - Faculté des sciences historiques 

Résumé 

Ce mémoire porte sur la caractérisation sociale et genrée de plusieurs personnages d’Aristophane – auteur comique athénien du Ve siècle – dont la représentation mobiliserait le dispositif dramatique du travestissement. Il étudie ainsi la mise en scène des personnages qui incarnent simultanément ou alternativement plusieurs statuts sociaux de la hiérarchie athénienne. Il s’appuie pour ce faire sur trois traditions historiographiques et leurs méthodes respectives. Il reprend tout d’abord celle de la pragmatique énonciative, qui permet d’analyser le texte en tant que discours énoncé dans le cadre d’une performance. Il s’inscrit ensuite dans la continuité des travaux d’histoire sociale, dont l’enjeu est de restituer les dynamiques de hiérarchisation sociale et les statuts qu’elles définissent suivant les contextes. Ce mémoire vise enfin à enrichir les apports de l’histoire du genre, en s’intéressant aux formes de caractérisation plus spécifiquement genrées, touchant au corps, à la sexualité, et à toute pratique impliquant un classement entre les sexes. Les marqueurs sociaux prêtés à chaque protagoniste dans le cadre de la performance comique sont recensés, comparés, et situés dans la mise en scène pour analyser leur degré de représentativité historique. Ce travail vise par ailleurs à proposer une analyse plus fine de l’articulation des distinctions statutaires et genrées à Athènes. La mise en regard des héroïnes avec leurs homologues masculins permet ainsi d’établir que certaines actions, jusqu’alors interprétées comme spécifiquement « féminines », sont en réalité accomplies par l’ensemble des héros comiques (hommes et femmes confondus). Les personnages de femmes esclaves, étrangères, prêtresses sont aussi comparés entre eux. Cette confrontation révèle que les champs d’action qui leur sont attribué sur scène sont divers et proportionnés au niveau social de la protagoniste.

soutenu le lundi 8 juin 2015. 
Date de la notice : 17 mars 2026

Mémoire de Chloé Krauth, sous la direction de Sandra BOEHRINGER
Master Interdisciplinaire des mondes de l’Antiquité - Faculté des Sciences historiques

Résumé

375, c’est le nombre de mentions de femmes dans l’Enquête d’Hérodote, ce qui en fait l’une des œuvres les plus intéressantes pour une histoire des femmes antiques. Pourtant, toutes ces mentions ont été très peu étudiées dans leur ensemble si ce n’est dans le cadre d’un article par C. Dewald en 1981. Hérodote se donne pour objectif dans son œuvre de présenter les exploits les plus significatifs des Grecs et des peuples « barbares », afin de définir l’origine du conflit qui a opposé les Grecs aux Perses. Pour y parvenir, il raconte tout ce qu’il a entendu et vu durant ses voyages sur les origines et les coutumes des différents peuples. Il accorde son attention à de nombreuses personnes issues de différentes régions, des hommes comme des femmes dont il décrit avec précision les actions, les comportements et les interactions. Sont également prises en compte les mentions de lectures publiques d’Hérodote, afin d’étudier la source dans son contexte d’énonciation. D’autres œuvres contemporaines des faits relatés par Hérodote seront également utilisées : sources archéologiques, épigraphiques, textuelles, afin de les mettre en regard avec ce qu’il dit sur les femmes qu’il mentionne. Ce mémoire cherche à mettre en lumière la présence de toutes ces femmes qu’Hérodote met en scène dans le monde qu’il décrit. Il s’agit également de percevoir sa vision de ces femmes.

Cette approche par les actions et les interactions des femmes a amené à poser la question d’un Hérodote sociologue, à caractériser son Enquête comme étant une approche sociologique, bien que ce terme soit anachronique, tout comme sa désignation en tant qu’historien, géographe, anthropologue, etc. Il ne s’agit pas dans ce mémoire de faire une histoire qui ne porterait que sur les femmes, mais de mettre en perspective la façon dont Hérodote produit une histoire mixte des sociétés qu’il a étudiées, en ne gommant jamais la présence des femmes. Une histoire mixte, intégrant les hommes et les femmes à parts égales.

Nous approchons dans une première partie les femmes de l’Enquête de manière quantitative. Hérodote présente ces femmes d’abord en tant que mères et épouses de citoyens, qu’elles soient grecques ou non. Cependant c’est par leurs actions et les rôles qu’elles peuvent occuper qu’il semble s’intéresser à elles. L’historien ne semble pas émettre de jugement de valeur fondé sur leur genre, mais plutôt les situer dans une communauté, en relation avec des coutumes. Ce n’est ni leur sexe ni leurs fonctions, qu’elles soient reines, prostituées ou hétaïres, qui suscitent l’approbation ou la désapprobation d’Hérodote. Il les mentionne également en nombre lorsqu’il s’agit de construire des généalogies : elles transmettent ainsi la grandeur de leur lignée à un personnage de leur famille qu’Hérodote souhaite présenter. 

C’est ensuite par une approche qualitative que nous étudions quelques mentions et qui permettent de mettre en lumière la présence de ces femmes et leur capacité d’action et de parole. Leurs actions sont souvent liées à leurs fonctions sociales plutôt qu’à leur sexe. Hérodote décrit ces femmes en se concentrant sur leur position sociale et leurs origines sans les juger selon des critères genrés, tout en reconnaissant l’influence des structures sociales sur leur vie. Les femmes ordinaires sont détaillées dans leurs participations aux tâches domestiques, rituels religieux et activités économiques, illustrant la diversité de leurs rôles. Hérodote ne hiérarchise pas les femmes entre elles ni par rapport aux hommes. Il s’intéresse à leurs actions dans divers domaines, y compris leurs pratiques et coutumes, ainsi que leurs contributions aux grandes œuvres, qu’il valorise pleinement. Il mentionne aussi leur rôle dans le domaine de la guerre, montrant comment elles participent à l’effort de guerre ou le subissent, bien qu’il ne décrive pas souvent les femmes ordinaires dans des rôles actifs de défense de la cité, ce qui pourrait être dû à ses sources ou à un choix narratif. 

Hérodote accorde une place significative à la parole des femmes, qu’elle soit fictive, pour servir le récit, ou réelle, issue de ses échanges avec elles. Cette parole, écoutée et prise en compte, intervient dans diverses actions, exceptionnelles ou ordinaires comme la maternité ou la transmission d’informations, suggérant qu’elle pouvait avoir une certaine autorité dans la société contemporaine d’Hérodote. Leurs actes sont également cruciaux dans la construction des sociétés qu’il décrit. Les femmes sont à l’origine de nombreux événements de la vie quotidienne, influençant les rites, les pratiques, l’histoire par les guerres et même le pouvoir politique. Dans ses récits étiologiques, le genre joue un rôle plus important et Hérodote semble considérer le genre féminin de manière plus significative que dans d’autres récits. 

soutenu le 11 juin 2024
Date de la notice : 19 mars 2026

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