Val Plumwood, "Ecopoétique et éco politique des lieux"

7 May 2026
9h 17h
Amphi Beretz - Nouveau Patio

Val Plumwood (1939-2008) fut une des grandes philosophes, activistes, féministes de la fin du XXème siècle et du début du XXIème siècle. Elle est, entre autres, l’auteure de deux grandes monographies philosophiques qui sont devenues des textes de référence dans les champs de la philosophie de l’écologie et de l’écoféminisme : Feminism and the Mastery of Nature (1993) et Environmental Culture. The Ecological Crisis of Reason (2002).

Sa pensée, à bien des égards et sous bien des formes, est profondément habitée par une réflexion sur les lieux (places). La philosophie de Plumwood engage une méditation profonde sur sa propre relation à des lieux singuliers : la Plumwood Mountain, sur laquelle elle a bâti sa maison et à laquelle elle s’est identifiée jusqu’à en adopter le nom ; le cimetière dans lequel a été enterré son fils ; le « Pays des Pierres » et le parc de Kakadu où elle fit la rencontre décisive avec le crocodile qui a manqué de lui ôter la vie. Mais loin de se limiter à l’évocation biographique de certains lieux distingués, permettant de reconstruire nos relations écologiques à la Terre à partir de l’investissement affectif et attentionnel à l’égard du « chez soi », Plumwood développe une éthique et une politique générale de la spatialité capitaliste contemporaine à partir d’une véritable critique des lieux. Ce programme intellectuel est clairement énoncé dans l’un de ses derniers articles « Shadow Places and the Politics of Dwelling » (2008), dans lequel Plumwood appelle à ne pas limiter l’habiter à l’attachement à un lieu unique idéalisé, au risque de laisser dans l’ombre tous les autres lieux dont nous dépendons, ces « shadow places » invisibilisées et exploitées, qui sont la condition de possibilité négative de nos ancrages écologiques.

Ce thème est tout aussi présent dans bien d’autres textes. Que l’on pense par exemple à la discussion du biorégionalisme (qu’elle entend rénover) à partir du concept plurivoque d’« éloignement », critiquant ainsi les impensés des écologies de la relocalisation dans des communautés politiques de petite taille, prétendant à l’autosuffisance. On peut également penser à la thématique de la « spiritualité matérialiste des lieux », qui vient conclure sa réflexion dans La Crise écologique de la raison. Ou encore à la discussion critique de certains concepts comme ceux de « paysage culturel », de « country » (tel qu’il est thématisé par sa collègue Deborah Bird Rose dans ses réflexions anthropologiques sur l’habiter des peuples indigènes) ou de « wilderness ».

Liste des intervenant.e.s : Catherine Larrère, Gérald Hess, Layla Raïd, Jean-Philippe Pierron, Marie Cazaban-Mazerolles, Damien Delorme, Mickaël Labbé.

[Translate to English:]
[Translate to English:]
[Translate to English:]
[Translate to English:]