Travail en peine
En prison, le travail empêche l’effondrement intérieur, donne un rythme aux journées, casse la répétition du néant et évite de tourner en rond.
Il permet d’avoir une fonction, une utilité, d’être attendu quelque part et de faire quelque chose de ses mains. Même s’il est peu payé, peu qualifiant, souvent répétitif et sans réel débouché, le travail occupe et maintient debout.
Pourtant, le travail n’apparait dans les prisons que par fragments. Il est trop rare, et reste réservé à une minorité de personnes détenues, tant il y a peu de place et beaucoup d’attente. Mes images montrent les formes visibles, mécaniques, monotones ou assignées du travail, mais aussi comment, en creux, pour ceux qui n’y ont pas accès, le temps s’étire et finit par courber les dos. « Travail en peine » est une invitation à nous interroger sur la place réelle que nous accordons au travail dans l’univers carcéral.
Exposition réalisée par Karine Bizard, Photographe du Contrôle général des lieux de privation de liberté




