Animaux et langage symbolique

Colloque international organisé par Frédéric CHAPOT et Maud PFAFF-REYDELLET

8 10 juin 2026
Amphi Beretz - Nouveau Patio

De l’Antiquité au Moyen Âge, les animaux ont fait l’objet d’une interprétation figurée, qui aboutit à l’élaboration progressive d’un langage symbolique. Les constructions culturelles qui s’élaborent autour des bêtes ne relèvent pas seulement de l’anthropocentrisme, mais témoignent de savoirs zoologiques précis, et d’une attention portée à l’animal tel qu’il est. On tente de saisir les points de contact entre l’enquête naturaliste et les élaborations symboliques qui s’expriment dans des comparaisons, des métaphores, des analogies. L’apparence des animaux et le caractère attribué à chaque espèce deviennent des outils pour analyser le corps de l’homme et en déduire ses dispositions internes : c’est le champ de la physiognomonie. L’association des divinités à des animaux symbolisant leurs attributs relève d’une démarche comparable. D’autres sources ont exercé une influence complémentaire sur l’élaboration d’un langage symbolique. Dans le contexte juif et chrétien, la signification de l’animal s’enracine souvent dans l’interprétation d’un passage biblique. Le symbolisme est nourri par la mise en scène scripturaire, qui est déjà une interprétation figurée, et aussi par l’exégèse des commentateurs. Prédicateurs et exégètes chrétiens fournissent ainsi tout un réservoir d’interprétations figurées des animaux. Des spécialistes de la littérature juive hellénistique et de la littérature chrétienne explorent l’exégèse biblique pour y déceler ce processus de symbolisation et sa diversité. C’est l’occasion d’examiner si le christianisme a modifié la signification attribuée à chaque animal. En suivant la lente évolution du langage symbolique des comparaisons homériques aux épigrammes hellénistiques, du Physiologos aux exégèses allégoriques, de la prédication chrétienne aux bestiaires médiévaux, on constate que ces représentations, en faisant de l’animal un miroir de l’homme, témoignent d’une parenté entre le règne animal et le monde humain, et conduisent à reconnaître la place importante des bêtes dans l’ordre naturel.


Ce colloque a bénéficié du soutien financier de l’IdEx Université de Strasbourg, de l’ITI HiSAAR (Histoire, Sociologie, Archéologie et Anthropologie des Religions) et de la Faculté des Lettres