Femmes et guerre dans la Grèce de Platon

Cette journée associera le travail de recherche de philosophes et d’historien·nes, permettant de croiser les sources, les méthodes et les hypothèses sur la place — voulue, idéalisée ou réelle — des femmes dans les conflits militaires de l’époque classique. Cette démarche participe au renouvellement historiographique et épistémologique de l’étude de la guerre au prisme du genre.

15 octobre 2026
12h05
Université Paris Nanterre - visioconférence

Platon est connu pour ses propositions originales et novatrices qui réorganisent la cité grecque à partir du principe de justice. Les gardiens de la République sont aussi des gardiennes. Celles-ci sont entraînées au maniement des armes et à la stratégie militaire. Leur présence représente un atout  de taille pour la cité idéale comme le remarque Glaucon (V, 471c7-d7). Platon est critique des institutions athéniennes classiques qui empêchent la majorité des femmes de suivre une éducation militaire. Pourtant, des figures féminines en guerre peuplent les récits dont Platon est familier. 

L’originalité du geste platonicien peut être éclairée par une étude de son contexte d’écriture. La thématique de la participation des femmes à la guerre trouve en effet des échos dans d’autres corpus, comme dans les épopées d’Homère, les enquêtes d’Hérodote ou la comédie classique. 

Il s’agira, au cours de cette journée, de contextualiser les écrits platoniciens, et de participer au renouvellement historiographique de l’étude des femmes dans la guerre. Ces dernières ont longtemps été confinées au rôle unique de victimes passives des conflits militaires. D’autres perspectives ont en effet récemment émergé : elles mettent en avant la place des femmes dans les positions stratégiques, de commandement, de diplomatie, de logistique etc. Il est ainsi possible d’affirmer que, dans l’Antiquité grecque, les femmes font aussi la guerre, au sens où elles l’influencent et elles la décident. Pour délimiter l’activité militaire historique des femmes grecques et son influence sur la réflexion philosophique platonicienne, il faut à la fois rendre compte des politiques civiques diverses, mais aussi des discours mythiques et historiques. Cette étude des références antérieures et contemporaines à Platon permettra de mettre en lumière les points communs et les divergences entre ces différents textes.

  • Avec la participation de : Carmen Damour, Anne Debrosse, Nicolas Le Merrer, Émile Maillot, Julie Mestery, André Rehbinder et Violaine Sebillotte-Cuchet
  • Avec le soutien de la Société d'Études Platoniciennes (SEP)
  • Organisation Carmen Damour et Julie Mestery 

Programme

  • 9h Accueil des participants
  • 9h20 Carmen Damour & Julie Mestery  | Introduction
  • 9h35 Julie Mestery (Université Paris Nanterre)
    Les Sauromates comme modèle d’éducation militaire non genrée au livre VII des Lois
  • 10h25 Emile Maillot (Université Jean Moulin Lyon 3) 
    Les femmes et le problème des cités vidées de guerriers. Remarques sur un préjugé utile dans la cité des Lois.
  • 11h15 Pause
  • 11h30 Anne Debrosse (Université de Poitiers)
    Parler aujourd'hui des violences sexistes et sexuelles dans les guerres de l'Antiquité grecque : vocabulaire et méthodologie
     
  • 14h20 Carmen Damour (Université de Strasbourg)
    Lysistrata : Au nom de quoi les femmes pourraient-elles critiquer la guerre ?
  • 15h10  Nicolas Le Merrer (Université de Bretagne Occidentale – Brest)
    Nouvelles perspectives sur la guerre et déconstruction des préjugés de genre de la culture tragique, dans la République de Platon.
  • 16h pause
  • 16h15 André Rehbinder (Université Paris Nanterre)
    De la guerre de Troie à la guerre civile : le rôle des femmes dans la guerre chez les orateurs attiques
  • 17h05 : Conclusions