"L'intersexe en droit musulman dans une perspective comparée"

Événement passé

Table ronde

11 avril 2022
10h 17h30
Salle de la table ronde - MISHA

La personne qui a un sexe ambigu est appellé hermaphrodite, puis intersexe. Le terme utilisé aujourd'hui est l'intersexe qui désigne une difficulté pour l'observateur d'assigner un sexe selon les critères classiques. Cette situation de la personne humaine  a causé un trouble dans les systèmes juridiques occidentaux qui fonctionnent dans un cadre binaire strict entre homme et femme. Avec le développement de la médecine le problème était perçu comme simple et il fallait juste faire ''une correction''  et un coup de main à la nature pour assigner à l'enfant le ''bon sexe''. Les dernières années, dans les instances internationales des droits de l'homme on s'aperçoit de la gravité de l'atteinte que ce choix et assignation portent aux droits de l'homme des enfants et des problèmes psychogiques et souffrances physiques.

Au niveau de la recherche, les trente dernières années ont vu une augmentation nette des études sur la sexualité et ''l'hermaphrodisme''. La plupart de la littérature se focalise sur la montée en puissance de l'expertise médicale au dix-neuvième siècle. Au niveau du droit, on trouve quelques études portant sur de grandes affaires impliquant des'' hermaphrodites'' sous l'Ancien Régime. Il y a très peu d'étude sur ''l'hermaphrodisme'' au Moyen Âge. En droit musulman, les études contemporaines sur le sujet sont rares.

Chez les juristes musulmans du neuvième au dix-neuvième siècles, la division entre homme et femme a des conséquences juridiques sur plusieurs plans : en matière cultuelle : la purification tahara, la circoncision, la prière, l'imamat de prière. Mais aussi  on trouve  cette division  en matières proprement juridiques comme pour le mariage, la garde d'enfants,  la pension alimentaire, l'héritage, le témoignage, le droit pénal, la nomination à certains postes publics. Lorsque l’on sait déterminer le sexe d'un individu (homme ou femme), aucune difficulté n’est rencontrée. Mais le cas de la personne intersexe pose problème pour ces juristes qui est par défintion ayant un sexe non déterminé. C'est pour cela que l’on parle de khuntha al-mushkal.

Les hanéfites consacrent une section à l’intersexuel, qui se situe juste après la section portant sur le testament et avant celle dela succession. Cela en plus du traitement de cette question éparpillée dans les autres chapitres. Pour les autres écoles également cette question est éparpillée dans différents chapitres. L'objet de la table ronde est de discuter la question de l'intersexe dans un cadre interdisciplinaire et comparé.


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