« Est-ce qu'on peut dire le silence, [...] est-ce qu'on peut dire l'attente, [...] est-ce qu'on peut dire la solitude ? » Ainsi Pierre Goldman, depuis sa cellule, égrenait en 1975 la litanie de ce qui, en prison, résiste aux mots. À cette question, Bernard Bolze a consacré sa vie. Fondateur de l'Observatoire international des prisons en 1990, ancien contrôleur du CGLPL, fondateur de Prison Insider, il a passé quarante ans à regarder et à faire regarder la prison. En dialogue avec Cédric Obrecht, doctorant en droit public, il revient sur ce que cet engagement lui a appris de ce que l'on peut dire de l'enfermement, à travers les mots et la photographie. La rencontre se déroule dans l'exposition « Travail en peine » de Karine Bizard, photographe du CGLPL.




